L'expérience ou l'homme aux loups

L’expérience ou l’homme aux loups, création 2014.

Conte musical, à partir de 8 ans

Durée : 1h30

175 Photo Franz LaiméEcrit et interprété par Mathieu Desfemmes

Accompagnement musical Philippe Gautier

Homme de plateau, Mathieu Desfemmes arpente les scènes depuis vingt ans. De son histoire, il a construit son métier. Fils et petit-fils de conteur, il choisit de prendre un autre chemin et endossa les attributs du comédien. Avec « L’expérience ou l’homme aux loups », accompagné du guitariste Philippe Gautier, il décide de reprendre le flambeau. Chargé de ses aventures théâtrales, il marchera sur la lame tranchante qui coupe en deux le monde des raconteurs d’histoires : ceux de la comédie et du drame, et ceux de la transmission orale.

« Les portes des histoires sont courbes, porteuse chacune d’un miroir, où se reflète un monde à inventer. Les portes des histoires sont courbes, il suffit d’en avoir la clé pour goûter à ce qui se cache derrière. » [extrait de L’expérience ou l’homme aux loups]

 

Note d’intention de Mathieu Desfemmes :

L’expérience ou l’homme aux loups, 3 histoires qui n’en font qu’une.

Trois histoires que j’ai entendues. Il est des familles de traditions, elles plongent leurs progénitures dans les différents bains de couleurs qui les constituent. Alors la tradition s’impose à l’enfant.

De ces plongées dans l’univers onirique, dans cette tradition de la parole, j’allais sans m’en rendre compte engranger tout un répertoire de contes, tout un monde imaginaire ! Et c’est là que j’ai rencontré ces trois contes universels puisqu’on les retrouve dans les cultures des cinq continents, je me les suis appropriés pour n’en faire qu’un : «  L’expérience ou l’homme aux loups».

Chacun de ces contes me fut transmis par des passeurs différents. Des vecteurs qui me construisirent. Celui de « L’homme aux loups », par exemple, me fut transmis par le père. Terrible conte qu’il me racontait pour me parler de la sagesse des vieux. « La bête à 7 têtes » lui, me fut transmis par la mère. Histoire que j’ai piochée dans la multitude de son répertoire. Cette mère, conteuse, qui n’a de cesse de collecter par tous les moyens ce répertoire qui la fait vivre. Le conte, «Le gars qu’a pas de chance », quant à lui, me fut transmis plus mystérieusement ; j’ai beau chercher dans ma mémoire, je ne peux me souvenir de cette passation.

Mêler ces 3 contes n’est pas anodin. Pour commencer parce qu’ils viennent des 3 faces du prisme de la transmission orale : le père, la mère et l’inconnu. Mais aussi et surtout, parce qu’ils m’ont permis de renouer avec les origines qui font du conte une épopée plus complexe qu’elle ne laisse paraître. Chaque histoire en appelle une autre. Elles se croisent et se répondent. Les personnages sautent de l’une à l’autre, se trouvant, pourtant bien à leur place. Reprenant le vieux principe des contes à tiroirs, je m’amuse à conduire les personnages sur un territoire plus vaste, pour leur donner plus de chair.

L’idée de super-production m’a toujours émerveillé. Et ce qui m’étonne le plus, c’est qu’avec quelques mots, mis les uns derrière les autres, quelques notes, jouées sur une guitare, et un bon sens du rythme, nous voilà projetés dans des décors hollywoodiens, vivant des aventures fantastiques, où tout est permis, les effets spéciaux les plus fous, les intrigues les plus rocambolesques. Que du rien naisse tout un univers.

Crédits : photo Franz Laimé